Par Législation

Dans quels départements peut-on chasser avec une visée nocturne en France ?
La question de l’usage de dispositifs de visée nocturne à la chasse en France est complexe, car elle mêle réglementation nationale, droit local et conditions spécifiques d’espèces ou de pratique. Ce qui suit propose un panorama clair des règles, des exceptions existantes et du repère des départements où une forme de chasse de nuit est autorisée.

Le cadre légal général

En France, la chasse de nuit est en principe interdite pour la plupart des espèces et modes de chasse. Le fait que le permis de chasser « de jour » accorde le droit de chasser uniquement durant les heures légales (coucher/lever du soleil) est rappelé dans l’article L. 424-4 du Code de l’environnement. 


En parallèle, l’utilisation de dispositifs de vision nocturne ou thermique (lunettes, modules, etc.) est strictement encadrée : ils ne peuvent pas être montés sur l’arme pour un usage de tir sans respecter les conditions. 

Les dérogations existantes

Il existe cependant des cas où la pratique de la chasse de nuit est autorisée, mais toujours sous conditions :

  • Pour le gibier d’eau de nuit : certains départements autorisent la chasse de nuit à partir d’installations fixes (« huttes », « tonnes », « gabions ») lorsqu’il s’agit d’une tradition locale. La chasse est alors réalisée en poste fixe.

  • Pour le grand gibier ou nuisibles (par exemple le sanglier) : des arrêtés préfectoraux peuvent autoriser des tirs de nuit dans des zones « difficiles » ou sous réglementation spéciale.

Les départements concernés

Concernant les départements où la chasse de nuit est spécifiquement mentionnée :

  • La chasse de nuit du gibier d’eau est autorisée dans 27 départements français, sous condition d’installations fixes immatriculées et d’une tradition cynégétique. 

  • Pour les tirs de nuit de sanglier : par exemple, dans les départements d’Alsace-Moselle (Haut‑Rhin, Bas‑Rhin, Moselle) un droit local permet l’usage d’une visée nocturne (lunette de vision) et tir de nuit du sanglier entre 15 avril et 1er février.

  • D’autres départements autorisent des tirs de nuit strictement encadrés : par exemple dans le département du Cher un arrêté autorise des tirs de nuit dans le cadre de la régulation du sanglier.

Ce que cela signifie pour la « visée nocturne »

Quand on parle de « visée nocturne» (lunettes infrarouges, vision thermique…), il faut distinguer l’usage :

  • Observation ou repérage : certains monoculaires ou binoculaires thermiques peuvent être utilisés à la main, pour repérer le gibier ou vérifier après un tir, sans être montés sur l’arme.

  • Usage de tir avec dispositif monté : c’est beaucoup plus restrictif. L’équipement monté sur arme (lunette thermique, module clip-on) reste en grande partie interdit pour la chasse active en France.

Ainsi, même dans les départements où la chasse de nuit est autorisée, l’emploi d’une visée nocturne monté sur arme peut ne pas être légal ou nécessite une autorisation spécifique.

En résumé

  • Par défaut : la chasse en visée nocturne est interdite en France.

  • Exceptions : quelques départements (notamment pour le gibier d’eau) autorisent la chasse de nuit en poste fixe.

  • Visée nocturne : l’usage d’appareils thermiques ou infrarouges est strictement encadré ; le montage sur arme reste, dans la majorité des cas, prohibé.

  • Pour un chasseur intéressé par la visée nocturne, il est indispensable de vérifier l’arrêté préfectoral du département concerné, car les règles locales varient fortement.

Conseils pratiques

Avant de s’engager dans une chasse avec visée nocturne :

  1. Consulter le site de la préfecture ou de la fédération départementale de chasse du département concerné pour vérifier s’il existe des autorisations spécifiques.

  2. Vérifier que l’équipement de vision nocturne est utilisé dans le cadre légal (à la main ou autorisé sur arme selon le dispositif).

  3. S’assurer que la chasse de nuit est effectuée dans une installation agréée si cela concerne le gibier d’eau, ou dans le cadre d’un arrêté préfectoral bien défini pour grand gibier.

  4. Respecter les obligations en matière de sécurité, carnets de prélèvement, déclaration, etc.

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