Par Chasse et Nature

Grive mauvis : pourquoi cet oiseau venu du nord apparaît-il dans nos campagnes à l’arrivée du froid ?
Chaque automne, la grive mauvis quitte les régions nordiques pour rejoindre les campagnes françaises. Découvrez les raisons de sa migration, ses habitudes et les milieux qu’elle affectionne.

Il suffit parfois d’une seule nuit pour que l’ambiance d’une campagne change. La veille, les haies semblaient presque désertes. Au petit matin, de nouveaux oiseaux fouillent les prairies, se déplacent entre les aubépines et lancent des cris aigus depuis les arbres. Parmi eux figure une petite grive au sourcil clair, discrète malgré son activité : la grive mauvis.
Pour les chasseurs de migrateurs, son arrivée constitue l’un des événements caractéristiques de l’automne. Pour les naturalistes, elle représente surtout un exemple remarquable des déplacements saisonniers qui relient les territoires nordiques aux régions tempérées de l’Europe.
Car la grive mauvis n’est pas un oiseau qui apparaît spontanément lorsque les températures baissent. Elle entreprend des déplacements parfois considérables, guidée par des mécanismes biologiques, des contraintes alimentaires et des conditions météorologiques qui varient chaque année.
Pourquoi certaines campagnes accueillent-elles des centaines de mauvis pendant quelques jours alors que d’autres semblent presque ignorées ? Pourquoi ces oiseaux migrent-ils souvent pendant la nuit ? Et comment reconnaître cette espèce sans la confondre avec les autres grives européennes ?
Derrière un oiseau d’apparence modeste se cache une histoire naturelle particulièrement riche.

Une petite grive parfaitement adaptée aux paysages nordiques

La grive mauvis, dont le nom scientifique est Turdus iliacus, appartient à la famille des turdidés. Elle partage cette parenté avec le merle noir, la grive musicienne, la grive draine et la grive litorne.
Avec une longueur généralement comprise entre 20 et 22 centimètres, elle figure parmi les plus petites grives européennes. Son poids varie selon les individus, les saisons et l’état de leurs réserves énergétiques.
Son plumage est essentiellement brun sur le dessus du corps, tandis que sa poitrine claire est parcourue de stries sombres. À première vue, elle peut facilement être confondue avec une grive musicienne.
Deux caractéristiques permettent pourtant de la distinguer assez rapidement.
La première est un sourcil clair, bien visible au-dessus de l’œil. Cette bande blanchâtre ou crème contraste avec les nuances plus foncées de la tête.
La seconde est la coloration rousse située sur les flancs et sous les ailes. Elle peut rester discrète lorsque l’oiseau est posé, mais devient particulièrement visible au moment de l’envol.
Cette coloration explique son nom anglais, Redwing, qui fait directement référence à ses ailes roussâtres.
Le bec est relativement fin, adapté à une alimentation variée composée d’invertébrés et de fruits. Les pattes permettent aussi bien les déplacements au sol que les déplacements rapides dans les buissons.
Mâles et femelles possèdent une apparence très similaire. Leur distinction sur le terrain n’est donc généralement pas possible à partir d’une simple observation du plumage.

Comment reconnaître la grive mauvis parmi les autres grives ?

L’identification constitue un point important pour les chasseurs comme pour les observateurs.
La grive musicienne est probablement l’espèce avec laquelle la confusion est la plus fréquente. Elle présente également un dos brun et une poitrine claire marquée de taches.
Mais son sourcil est beaucoup moins caractéristique et ses flancs ne possèdent pas la coloration rousse de la mauvis.
La grive draine, pour sa part, se distingue par une taille supérieure, une silhouette plus robuste et des taches ventrales généralement plus arrondies.
La grive litorne est plus facile à identifier lorsqu’elle est bien visible. Sa tête grisâtre, son dos brun et son croupion gris la différencient nettement.
Le comportement apporte des indices complémentaires.
Pendant l’hivernage, les grives mauvis se rassemblent souvent en groupes. Elles peuvent également accompagner des litornes dans certaines zones d’alimentation.
L'observation des cris constitue une autre aide précieuse.
La mauvis émet notamment un cri de contact fin et aigu, souvent perceptible pendant les passages migratoires nocturnes.
Cependant, aucune identification sérieuse ne doit reposer exclusivement sur une impression fugitive.
La taille, la silhouette, les couleurs et les vocalisations doivent être considérées ensemble.

D’où viennent les grives mauvis observées en France ?

Pour retrouver les principaux territoires de reproduction de la grive mauvis, il faut remonter vers le nord de l’Europe.
L’espèce niche notamment en Scandinavie, en Islande, dans les pays baltes et dans de vastes régions de Russie.
Ces territoires présentent des conditions écologiques très différentes de celles rencontrées en France pendant l’hiver.
Durant la belle saison, les longues journées favorisent l’activité des oiseaux et la recherche de nourriture.
Les forêts boréales, les boisements de bouleaux, les lisières et certains paysages arbustifs accueillent des couples reproducteurs.
La grive mauvis peut également s’installer dans des habitats relativement ouverts, pourvu qu’elle dispose d’un couvert végétal adapté.
Cette capacité à utiliser différents milieux explique en partie l’étendue de son aire de reproduction.
Mais les régions nordiques possèdent une particularité majeure : les changements saisonniers y sont particulièrement marqués.
Lorsque l’automne progresse, la durée du jour diminue rapidement. Les températures baissent et les ressources alimentaires deviennent progressivement moins accessibles.
Les populations migratrices entreprennent alors leur déplacement vers des régions plus favorables.
La France constitue pour une partie de ces oiseaux une destination d’hivernage. Pour d’autres, elle n’est qu’une étape avant de rejoindre des territoires situés davantage au sud ou à l’ouest.

Une reproduction concentrée sur la belle saison

Sur leurs territoires de reproduction, les grives mauvis recherchent des emplacements offrant une certaine protection contre les intempéries et les prédateurs.
Le nid peut être installé dans un arbuste, un arbre peu élevé ou parfois au sol, selon les caractéristiques du milieu.
Il est constitué d’éléments végétaux, notamment d’herbes et de mousses, généralement assemblés de manière à former une coupe relativement solide.
La ponte comprend habituellement plusieurs œufs, souvent quatre à six.
Après l’incubation, les jeunes restent au nid pendant une période relativement courte avant de commencer leur vie hors de celui-ci.
Comme chez de nombreux passereaux, les adultes doivent alors rechercher des quantités importantes de nourriture pour répondre aux besoins de leur progéniture.
Les invertébrés occupent une place essentielle dans cette alimentation.
La disponibilité des insectes, des larves et des vers de terre influence donc les conditions de reproduction.
Les jeunes doivent ensuite acquérir leur autonomie avant l’arrivée des conditions hivernales.
Le calendrier biologique de l’espèce est étroitement lié à la brièveté de la saison favorable dans ses régions de reproduction.
Une fois l’automne installé, la priorité change : il ne s’agit plus d’élever les jeunes, mais d’assurer la survie pendant les mois les plus difficiles.

Le froid provoque-t-il réellement la migration ?

On entend régulièrement que les grives descendent vers la France parce qu’il gèle dans les pays nordiques.
L’explication contient une part de vérité, mais elle simplifie un phénomène beaucoup plus complexe.
La migration repose notamment sur des mécanismes biologiques liés au cycle saisonnier.
La diminution de la durée du jour constitue un signal important pour de nombreuses espèces migratrices.
Elle participe aux modifications physiologiques qui préparent les oiseaux au déplacement.
La disponibilité alimentaire représente un deuxième facteur déterminant.
Tant que les oiseaux trouvent suffisamment de nourriture et que les conditions restent favorables, certains peuvent prolonger leur présence dans une région.
À l’inverse, une dégradation rapide des conditions peut accélérer les mouvements.
Le froid agit notamment en rendant certains sols plus difficiles à exploiter.
Pour une grive recherchant des vers de terre, un sol profondément gelé représente un obstacle considérable.
Cependant, les oiseaux ne prennent pas nécessairement leur départ au moment exact où le gel apparaît.
Une partie des déplacements peut déjà être engagée.
Il faut donc distinguer la préparation biologique à la migration des conditions météorologiques qui influencent son déroulement.

Pourquoi les passages sont-ils différents chaque année ?

L’une des observations les plus fréquentes chez les chasseurs concerne l’irrégularité des arrivées.
Certaines saisons semblent particulièrement riches en grives mauvis. D’autres donnent l’impression que les oiseaux ont presque disparu.
Cette différence ne reflète pas obligatoirement une variation équivalente des populations européennes.
Il faut d’abord considérer les itinéraires empruntés.
Les oiseaux peuvent modifier leur répartition en fonction des conditions rencontrées pendant leur déplacement.
Les vents dominants, les fronts météorologiques et les ressources disponibles influencent leurs possibilités de stationnement.
Ensuite, les oiseaux ne traversent pas tous les territoires au même moment.
Certaines années, les passages sont concentrés sur quelques journées. D’autres fois, ils s’étalent sur une période plus longue.
Dans le premier cas, les observateurs peuvent avoir l’impression d’une arrivée exceptionnelle.
Dans le second, les mêmes mouvements peuvent paraître beaucoup plus discrets.
La présence de baies et de fruits dans les haies joue également un rôle.
Une région offrant des ressources abondantes peut retenir des oiseaux pendant plusieurs jours.
Une autre, moins favorable, sera simplement traversée.
Enfin, la visibilité des oiseaux dépend du paysage.
Une bande installée dans une grande zone boisée peut passer inaperçue, tandis qu’une troupe exploitant une prairie dégagée sera immédiatement remarquée.
Il faut donc éviter de tirer des conclusions générales à partir d’un seul territoire.

La migration nocturne, une particularité fascinante

La grive mauvis effectue une partie importante de ses déplacements migratoires pendant la nuit.
À certaines périodes de l’automne, ses cris peuvent être entendus dans l’obscurité alors qu’aucun oiseau n’est visible.
Ces vocalisations constituent des cris de contact.
Elles permettent notamment aux individus de maintenir une forme de communication pendant leurs déplacements.
La migration nocturne présente plusieurs avantages potentiels.
Les températures sont généralement plus faibles que pendant la journée, ce qui peut limiter certaines contraintes thermiques.
L’atmosphère peut également présenter des conditions de vol favorables.
La pression exercée par certains prédateurs diurnes est différente.
Cependant, tous les mouvements de grives mauvis ne se déroulent pas exclusivement pendant la nuit.
Des déplacements diurnes sont également observés.
Les oiseaux peuvent effectuer des mouvements locaux entre des sites de repos et des zones d’alimentation.
Ils peuvent aussi poursuivre leur migration en plein jour dans certaines circonstances.
L’écoute nocturne ne permet donc pas de mesurer à elle seule l’ensemble des déplacements.
Elle révèle simplement une activité qui échappe largement aux observations traditionnelles.

Comment les oiseaux retrouvent-ils leur direction ?

La navigation des oiseaux migrateurs constitue un domaine de recherche particulièrement complexe.
Plusieurs mécanismes peuvent intervenir.
Les informations provenant du champ magnétique terrestre participent à l’orientation de nombreuses espèces.
Les repères célestes, dont la position des étoiles chez certains migrateurs nocturnes, peuvent également jouer un rôle.
Les oiseaux utilisent aussi des informations visuelles provenant des paysages, particulièrement lors de certaines étapes de leurs déplacements.
L’expérience acquise au fil des migrations peut améliorer la capacité à reconnaître des itinéraires ou des territoires favorables.
Il serait cependant excessif d’attribuer à la grive mauvis un système de navigation unique et parfaitement compris dans tous ses détails.
Les mécanismes d’orientation peuvent varier selon les espèces, les conditions et les phases du déplacement.
La migration ne doit pas être imaginée comme un simple trajet en ligne droite entre deux points.
Les oiseaux peuvent effectuer des haltes, modifier leur direction et exploiter différentes régions avant de rejoindre leurs territoires d’hivernage.

Les vents et les dépressions influencent-ils les arrivées ?

Les mouvements migratoires sont étroitement liés aux conditions atmosphériques.
Un vent favorable peut faciliter un déplacement, tandis qu’un vent contraire peut augmenter les contraintes énergétiques.
Les précipitations importantes et certaines conditions météorologiques défavorables peuvent conduire les oiseaux à interrompre temporairement leur migration.
Après une telle période, les observateurs peuvent constater davantage d’oiseaux en stationnement.
Ce phénomène contribue à expliquer certaines arrivées apparemment soudaines.
Mais aucune direction de vent ne garantit systématiquement la présence d’un grand nombre de grives.
Les populations ne partent pas toutes du même endroit.
Elles ne suivent pas nécessairement les mêmes routes et ne rencontrent pas les mêmes conditions.
L’existence d’un épisode de froid en Europe du Nord ne signifie donc pas que toutes les régions françaises accueilleront immédiatement davantage d’oiseaux.
La météorologie fournit des éléments d’explication, pas une méthode infaillible de prévision.

Haies, bocages et prairies : les milieux privilégiés

Pendant l’automne et l’hiver, la grive mauvis recherche des habitats qui lui permettent d’associer alimentation et protection.
Les paysages bocagers présentent un intérêt particulier.
Ils réunissent souvent des prairies, des haies, des arbres isolés et de petites zones boisées.
Dans une prairie humide, les oiseaux peuvent rechercher des vers de terre et différents invertébrés.
Les haies offrent des possibilités de refuge et une alimentation complémentaire grâce aux baies.
Les vergers traditionnels constituent également des milieux intéressants.
Les fruits tombés au sol peuvent devenir une ressource importante pendant les périodes froides.
Les lisières forestières permettent aussi aux oiseaux d’exploiter différents types de végétation.
La présence d’un seul élément favorable ne suffit pourtant pas toujours.
Une prairie ouverte sans refuge proche peut être moins intéressante qu’un ensemble diversifié.
Les oiseaux doivent pouvoir accéder à la nourriture tout en limitant leur exposition aux perturbations et aux prédateurs.
Cette complémentarité explique pourquoi certaines petites parcelles bocagères peuvent présenter un intérêt écologique supérieur à celui de vastes surfaces uniformes.

Une alimentation qui change avec les saisons

L’alimentation de la grive mauvis varie selon les ressources disponibles.
Pendant la reproduction, les invertébrés occupent une place importante.
Les vers de terre, les insectes et leurs larves fournissent les nutriments nécessaires à l’entretien des adultes et à la croissance des jeunes.
Avec l’automne, la proportion de fruits et de baies augmente.
L’aubépine, le sorbier et différents arbustes peuvent fournir des ressources précieuses.
Les pommes tombées dans les vergers peuvent également être consommées.
La disponibilité de ces aliments dépend fortement des conditions locales.
Une année favorable à la production de fruits peut offrir des possibilités de stationnement prolongé.
À l’inverse, une faible fructification peut conduire les oiseaux à rechercher rapidement d’autres territoires.
Le gel influence lui aussi l’alimentation.
Lorsqu’il devient difficile de prospecter le sol, les ressources végétales disponibles prennent davantage d’importance.
La grive mauvis possède donc une certaine souplesse alimentaire, indispensable pour traverser des régions aux conditions très différentes.

Le rôle écologique des baies sauvages

Les baies ne constituent pas seulement une nourriture de substitution lorsque les insectes deviennent rares.
Elles jouent un rôle essentiel dans les relations entre les oiseaux et la végétation.
En consommant certains fruits, les grives participent à la dispersion des graines.
Celles-ci peuvent être transportées à distance du pied d’origine avant d’être déposées dans d’autres milieux.
Ce mécanisme contribue au renouvellement de certaines espèces d’arbustes.
Il montre aussi pourquoi les oiseaux migrateurs participent à des processus écologiques qui dépassent les frontières nationales.
Une haie française peut nourrir un oiseau né plusieurs milliers de kilomètres plus au nord.
En retour, cet oiseau contribue à la circulation de certaines graines dans les paysages qu’il traverse.
Les migrations ne concernent donc pas seulement les déplacements des animaux.
Elles participent aux échanges biologiques entre des écosystèmes éloignés.

La disparition des haies représente-t-elle une menace ?

La transformation des paysages agricoles a profondément modifié de nombreux territoires européens.
Les haies ont parfois été supprimées pour agrandir les parcelles ou faciliter les opérations mécanisées.
Les vergers traditionnels ont également reculé dans certaines régions.
Ces évolutions peuvent réduire les possibilités d’alimentation et de refuge offertes aux oiseaux.
La grive mauvis est concernée, mais elle n’est évidemment pas la seule espèce.
De nombreux passereaux utilisent les mêmes structures paysagères.
Les haies diversifiées permettent de maintenir différentes essences végétales, des insectes, des fruits et des abris.
Leur intérêt dépend notamment de leur composition, de leur continuité et de leur gestion.
Une haie composée de plusieurs espèces locales n’offre pas les mêmes ressources qu’une bordure végétale uniforme.
La conservation du bocage représente ainsi un enjeu de biodiversité particulièrement important.
Pour les chasseurs impliqués dans la gestion des territoires, le maintien de ces habitats constitue une action concrète en faveur de nombreuses espèces.

Quel effet le changement climatique peut-il avoir sur sa migration ?

Le réchauffement climatique modifie progressivement les conditions saisonnières de nombreuses régions européennes.
Des hivers moins rigoureux peuvent permettre à certains oiseaux de rester davantage au nord lorsque la nourriture demeure accessible.
Mais il serait trop simple de considérer que toutes les grives mauvis vont progressivement cesser de migrer.
Les comportements migratoires dépendent de nombreux facteurs.
Les variations de précipitations peuvent modifier la disponibilité des invertébrés.
Les changements de végétation peuvent influencer la production de fruits.
Les épisodes météorologiques extrêmes peuvent également perturber certains déplacements.
Ces phénomènes ne se produisent pas de manière uniforme sur l’ensemble de l’aire de répartition.
Les populations originaires d’Islande ne rencontrent pas nécessairement les mêmes contraintes que celles qui se reproduisent en Russie.
L’évolution des comportements devra donc être étudiée sur de longues périodes, à partir de suivis scientifiques.
Quelques hivers particulièrement doux ne suffisent pas à démontrer à eux seuls une transformation durable des migrations.

La situation de conservation de la grive mauvis

La grive mauvis a fait l’objet de préoccupations concernant ses effectifs au cours des dernières décennies.
Certaines évaluations anciennes soulignaient notamment une diminution des populations.
Cependant, la situation doit être présentée avec précision.
Dans l’évaluation mondiale publiée en 2025 par l’Union internationale pour la conservation de la nature, l’espèce est classée dans la catégorie « préoccupation mineure ».
Cette évaluation considère notamment l’étendue de son aire de répartition et les tendances démographiques disponibles.
Les évolutions ne sont pas nécessairement identiques selon les régions.
Une espèce peut présenter une situation globale relativement favorable tout en connaissant des difficultés locales.
Il faut donc distinguer les évaluations mondiales, européennes et nationales.
L’évolution du statut d’une espèce montre également l’importance de s’appuyer sur des données actualisées.
Les chiffres anciens peuvent rester intéressants pour comprendre son histoire, mais ne doivent pas être présentés automatiquement comme décrivant la situation actuelle.

La grive mauvis et la chasse en France

En France, la grive mauvis appartient aux espèces pouvant être chassées dans le cadre des dispositions réglementaires applicables.
Cette possibilité est encadrée par des règles qui doivent être vérifiées pour la saison concernée.
Les périodes de chasse, les modalités autorisées et les éventuelles restrictions peuvent dépendre des textes nationaux et des mesures locales.
La réglementation applicable ne doit donc jamais être déduite d’un article général publié plusieurs mois auparavant.
Pour le chasseur, l’identification certaine de l’espèce constitue une responsabilité essentielle.
La présence de plusieurs espèces de grives dans les mêmes territoires exige une connaissance rigoureuse de leurs différences.
Mais la responsabilité cynégétique ne s’arrête pas au respect des textes.
La préservation des habitats, la connaissance des migrations et le suivi des populations participent également à une pratique consciente des enjeux écologiques.
Le chasseur qui connaît les ressources alimentaires et les besoins saisonniers de la grive mauvis possède une compréhension plus complète de l’espèce qu’il observe.

Pourquoi certaines grives restent-elles en France tout l’hiver ?

Toutes les grives mauvis présentes en automne ne poursuivent pas leur migration vers le sud.
Une partie peut hiverner sur le territoire français.
La capacité à demeurer dans une région dépend notamment des températures, de l’accessibilité de la nourriture et de la disponibilité d’abris.
Les hivers relativement doux peuvent favoriser le maintien des oiseaux dans certains secteurs.
Mais une vague de froid tardive peut conduire à de nouveaux déplacements.
Ces mouvements hivernaux ne correspondent pas toujours à la migration automnale initiale.
Ils peuvent être provoqués par une modification brutale des conditions locales.
Une région accueillant de nombreux oiseaux en décembre peut ainsi en perdre une partie après une période de gel prolongé.
À l’inverse, certains territoires peuvent recevoir des oiseaux venus de régions devenues moins favorables.
L’hivernage est donc dynamique.
Les effectifs observés dans une campagne ne restent pas nécessairement stables tout au long de la saison.

Comment observer les grives mauvis sans les déranger ?

Les périodes de migration et d’hivernage offrent de nombreuses occasions d’observer la grive mauvis.
Les haies chargées de fruits, les prairies humides et les bordures de vergers constituent de bons endroits pour rechercher sa présence.
Une paire de jumelles permet de distinguer les principaux caractères du plumage.
L’observation des oiseaux posés reste préférable à leur dérangement volontaire.
Lorsqu’une troupe s’alimente, des déplacements répétés provoqués par une présence humaine insistante peuvent entraîner une dépense d’énergie inutile.
Ce phénomène mérite une attention particulière pendant les périodes froides.
La recherche de nourriture représente déjà une activité essentielle pour les oiseaux.
Les déplacements provoqués par des dérangements fréquents peuvent donc compromettre leur tranquillité.
Il est préférable d’observer à distance et d’éviter toute tentative de mise à l’envol dans le seul but d’obtenir une photographie.
L’écoute des cris nocturnes constitue également une manière intéressante de suivre les passages sans intervenir directement sur les oiseaux.

Un indicateur de la richesse des campagnes

La présence de grives mauvis rappelle que les paysages agricoles ne sont pas isolés de leur environnement européen.
Une prairie bourguignonne peut accueillir des oiseaux ayant passé la belle saison en Scandinavie.
Une haie normande peut servir d’étape à des individus poursuivant leur voyage vers l’ouest.
Ces déplacements reposent sur l’existence de ressources réparties sur de très vastes territoires.
La conservation d’un milieu favorable dans une région participe donc à la qualité d’un ensemble beaucoup plus large.
Les grives mauvis rendent ce phénomène particulièrement visible.
Leur arrivée accompagne les changements de saison et révèle parfois des mouvements qui se déroulent à l’échelle du continent.
Pour les naturalistes, les chasseurs et les amoureux des paysages ruraux, elles constituent aussi une invitation à regarder différemment les haies, les prairies et les vieux vergers.

FAQ : tout savoir sur la grive mauvis

Quand arrive la grive mauvis en France ? Les mouvements automnaux sont notamment observés à partir de septembre et deviennent particulièrement visibles en octobre et novembre, selon les régions et les conditions météorologiques.
D’où viennent les grives mauvis ? Elles se reproduisent principalement dans les régions nordiques de l’Europe et jusqu’en Russie, avec notamment des populations importantes en Scandinavie et en Islande.
Pourquoi migrent-elles la nuit ? La migration nocturne peut offrir des conditions thermiques et atmosphériques favorables. Les oiseaux utilisent notamment des cris de contact pendant leurs déplacements.
Comment reconnaître une grive mauvis ? Son sourcil clair et ses flancs roux constituent deux caractères distinctifs importants.
Quelle différence existe-t-il avec la grive musicienne ? La grive musicienne possède une silhouette légèrement différente et ne présente pas les flancs roux caractéristiques de la mauvis.
Que mange-t-elle pendant l’hiver ? Son alimentation comprend notamment des baies, des fruits et des invertébrés lorsque ceux-ci restent accessibles.
La grive mauvis est-elle menacée ? Son statut mondial actuel est celui de préoccupation mineure, mais les tendances démographiques peuvent varier selon les populations et les territoires.
Pourquoi y en a-t-il davantage certaines années ? La répartition des oiseaux dépend des conditions météorologiques, des itinéraires migratoires et de la disponibilité alimentaire.
Peut-elle rester tout l’hiver en France ? Oui. Une partie des populations hiverne sur le territoire lorsque les conditions lui permettent de trouver suffisamment de nourriture.
Comment favoriser sa présence ? Le maintien de haies diversifiées, de vergers et de milieux riches en ressources alimentaires contribue à rendre les paysages accueillants pour de nombreux oiseaux hivernants.

La grive mauvis n’a pas besoin d’un plumage spectaculaire pour raconter quelque chose d’exceptionnel. Quelques dizaines de grammes suffisent à cet oiseau pour relier les forêts du nord de l’Europe aux campagnes françaises. Lorsqu’elle apparaît dans une haie au début de novembre, elle porte avec elle l’histoire d’un voyage dont nous n’apercevons, bien souvent, que la dernière étape.

Retour au blog