Sur une carte ou depuis un point haut, certains itinéraires paraissent parfaitement logiques. Une ligne droite entre un bois et une zone alimentaire, une grande prairie facile à traverser, un chemin agricole reliant deux massifs ou encore une crête offrant le trajet le plus court.
Pourtant, lorsque l’on observe réellement les indices laissés par le gibier, les déplacements suivent souvent une logique très différente.
Les empreintes disparaissent derrière une rupture de pente. Une coulée contourne une crête au lieu de la franchir. Les animaux suivent le fond d’un petit vallon alors qu’un itinéraire beaucoup plus direct existe quelques dizaines de mètres plus haut. Une contre-pente apparemment sans intérêt concentre soudain plusieurs passages.
Ce comportement n’est pas dû au hasard.
Pour un animal, le relief n’est pas simplement une succession de montées et de descentes. Il constitue un véritable système de protection.
Une différence de hauteur de seulement quelques mètres peut suffire à masquer complètement un déplacement depuis une route, un chemin ou une habitation. Un petit pli dans une prairie peut devenir un couloir invisible. Une pente orientée différemment peut offrir davantage de tranquillité, de fraîcheur ou de couvert.
Le chasseur regarde souvent le territoire depuis les endroits qui lui offrent la meilleure visibilité.
Le gibier peut précisément rechercher l’inverse : les endroits depuis lesquels il est le moins visible.
Comprendre cette différence permet de lire un territoire autrement. Une grande partie des déplacements ne se déroule pas forcément sur les axes les plus évidents, mais dans les petites imperfections du relief qui permettent à l’animal de circuler en restant discret.
Le relief est une forme de couvert
Lorsque l’on parle de couvert, on pense immédiatement :
- forêt ;
- haie ;
- roncier ;
- végétation dense.
Pourtant, le terrain lui-même peut remplir exactement la même fonction.
Un animal situé seulement deux mètres sous une ligne de crête peut devenir totalement invisible depuis l’autre versant.
Une petite dépression peut masquer un chevreuil dans une parcelle qui semblait pourtant complètement ouverte.
Le relief crée donc un couvert sans végétation.
C’est particulièrement intéressant dans les secteurs agricoles où les boisements sont dispersés et où de grandes surfaces paraissent exposées.
Quelques mètres de dénivelé peuvent suffire
L’erreur consiste souvent à chercher uniquement les grandes vallées ou les reliefs spectaculaires.
En réalité, les différences les plus intéressantes peuvent être très modestes.
Un chemin légèrement encaissé.
Une ancienne limite de parcelle.
Un petit talweg.
Une butte.
Un creux créé par l’érosion.
Depuis le sol, ces formes modifient complètement les lignes de vue.
Sur une photographie aérienne, elles peuvent être presque invisibles.
C’est l’une des raisons pour lesquelles la reconnaissance terrain reste indispensable.
Qu’est-ce qu’une contre-pente ?
Imaginez une colline.
Depuis votre position, vous voyez le versant qui vous fait face.
La partie située derrière la ligne sommitale constitue l’autre versant, invisible depuis votre position.
C’est cette logique qui rend les contre-pentes particulièrement intéressantes.
Un animal peut se déplacer parallèlement à une crête tout en restant complètement masqué pour un observateur situé de l’autre côté.
Il bénéficie alors d’une sorte d’écran naturel permanent.
Le phénomène est particulièrement visible dans les territoires vallonnés, mais il existe également à beaucoup plus petite échelle.
Pourquoi ne pas simplement passer sur la crête ?
Parce qu’une crête augmente souvent l’exposition.
En arrivant sur le sommet, la silhouette peut se détacher.
Les lignes de vue deviennent plus longues.
Le vent peut également être différent et l’animal quitte momentanément la protection créée par le relief.
Cela ne signifie évidemment pas que le gibier évite systématiquement les sommets.
Il peut parfaitement les franchir lorsque cela correspond à son itinéraire.
Mais lorsqu’un déplacement latéral est possible légèrement sous la ligne de crête, ce dernier peut offrir davantage de discrétion.
Les animaux utilisent souvent des lignes de niveau naturelles
Dans un relief marqué, monter et descendre continuellement demande davantage d’énergie.
Un déplacement suivant approximativement la même altitude peut donc présenter plusieurs avantages.
L’animal limite l’effort tout en restant éventuellement protégé par le versant.
C’est ainsi que certaines coulées suivent une pente horizontalement pendant plusieurs centaines de mètres.
Pour un observateur placé plus haut, cette trajectoire peut sembler étrange.
Pour l’animal, elle combine parfois :
- économie d’énergie ;
- discrétion ;
- accès à plusieurs zones.
L’économie d’énergie reste un facteur important
Comme pour les clôtures et les fossés, le gibier n’a pas nécessairement intérêt à choisir la trajectoire physiquement la plus exigeante.
Une montée raide demande davantage d’effort qu’une diagonale progressive.
Un animal se déplaçant entre une zone de repos et une zone alimentaire peut donc suivre un itinéraire plus long mais moins pentu.
Sur une carte, ce trajet semble inutilement détourné.
Dans la réalité, il peut être beaucoup plus économique.
Un itinéraire plus long peut donc être plus logique
Les humains évaluent facilement un déplacement en distance.
L’animal doit gérer d’autres paramètres :
- pente ;
- sécurité ;
- couvert ;
- dérangement.
Un trajet de 700 mètres peut ainsi être préférable à un trajet direct de 500 mètres s’il évite une forte pente et une zone exposée.
Cette logique explique de nombreuses coulées qui semblent « contourner » inutilement le relief.
Les replis de terrain deviennent de véritables couloirs
Une prairie légèrement ondulée peut paraître complètement ouverte depuis une hauteur.
Placez-vous ensuite au niveau du sol.
Un petit creux peut suffire à faire disparaître un animal.
Ces replis sont extrêmement intéressants parce qu’ils peuvent relier deux zones de couvert sans que le gibier soit fortement exposé.
Le déplacement devient alors presque invisible depuis certaines directions.
Ce type de passage est parfois beaucoup plus utilisé qu’une haie évidente située à proximité.
Un passage invisible peut exister au milieu d’une parcelle ouverte
C’est contre-intuitif.
On pourrait penser que le gibier longera systématiquement les bordures.
Pourtant, un creux traversant une parcelle peut fournir davantage de protection qu’un bord très fréquenté par l’homme.
Une ancienne rigole, une dépression ou une petite rupture de pente peuvent constituer un véritable axe.
À distance, l’animal semble traverser en plein découvert.
Au niveau de ses yeux, la réalité peut être complètement différente.
La hauteur de l’animal change notre perception
Un humain debout observe le terrain depuis environ un mètre cinquante à deux mètres.
Un chevreuil possède une ligne de vision beaucoup plus basse.
Un sanglier davantage encore.
Un obstacle ou une rupture qui paraît insignifiante pour nous peut donc masquer une proportion importante de son corps.
C’est essentiel pour comprendre le terrain du point de vue du gibier.
Le paysage que nous voyons n’est pas exactement celui qu’il perçoit.
Les fonds de vallon offrent plusieurs avantages
Un fond de vallon peut agir comme une voie naturelle.
Les pentes situées de chaque côté réduisent certaines lignes de vue.
La végétation y est parfois différente.
L’humidité peut favoriser une couverture plus dense.
Des haies ou cours d’eau peuvent également suivre naturellement le relief.
Le résultat est un corridor combinant plusieurs éléments favorables.
Les animaux peuvent alors l’utiliser pour relier différentes parties du territoire.
Mais tous les fonds de vallon ne sont pas attractifs
Un fond de vallée traversé par une route très fréquentée n’offre évidemment pas la même tranquillité qu’un petit vallon forestier isolé.
Certains peuvent également être très humides ou difficiles à parcourir selon les saisons.
Le relief ne doit donc jamais être interprété seul.
Il faut toujours le combiner avec :
- activité humaine ;
- végétation ;
- ressources ;
- conditions du sol.
Le vent se comporte différemment dans le relief
Le relief influence également les mouvements d’air.
Un vent relativement régulier en terrain ouvert peut devenir beaucoup plus complexe dans une vallée ou derrière une crête.
Les masses d’air sont déviées.
Des turbulences apparaissent.
Selon les conditions, l’air peut également se déplacer différemment au cours de la journée.
Cette complexité peut influencer la manière dont les animaux utilisent certaines zones.
Mais il faut éviter la règle simpliste selon laquelle un type précis de vent produirait toujours le même passage.
Les conditions réelles dépendent énormément du terrain.
Les mouvements thermiques ajoutent une autre dimension
Lorsque le sol se réchauffe ou se refroidit, l’air peut se déplacer le long des pentes.
Ces phénomènes sont bien connus dans les environnements montagneux mais peuvent également exister à plus petite échelle.
Ils expliquent notamment pourquoi un même secteur peut présenter des mouvements d’air différents entre le matin et le soir.
Le gibier évoluant quotidiennement dans le territoire possède une expérience répétée de ces conditions.
L’observateur occasionnel, lui, peut ne les découvrir qu’après plusieurs visites.
Une contre-pente peut également réduire le bruit perçu
Le relief ne coupe pas uniquement les lignes de vue.
Il peut aussi modifier la propagation de certains sons.
Une petite butte ou une rupture de terrain crée un écran partiel.
Dans un secteur fréquenté, cette séparation peut contribuer à créer une zone ressentie comme plus tranquille.
Le phénomène n’est pas absolu, mais il participe à la différence entre deux secteurs pourtant très proches.
La tranquillité réelle n’est pas toujours là où nous l’imaginons
Une parcelle peut sembler éloignée des habitations mais être régulièrement traversée par des promeneurs.
À l’inverse, un petit vallon relativement proche d’une activité humaine peut rester pratiquement jamais parcouru.
Le gibier apprend progressivement cette géographie du dérangement.
Ce ne sont donc pas forcément les distances qui comptent.
C’est la fréquence réelle des intrusions.
Les chemins humains influencent le choix des versants
Une pente accessible depuis un chemin forestier peut être régulièrement dérangée.
La contre-pente située derrière reçoit beaucoup moins de visites.
Deux secteurs séparés par seulement quelques dizaines de mètres peuvent ainsi connaître des niveaux de tranquillité très différents.
Cette différence peut expliquer pourquoi les indices se concentrent systématiquement sur un côté du relief.
Un changement d’activité humaine peut déplacer rapidement les coulées
Un nouveau chemin.
Une coupe forestière.
Des travaux agricoles.
Une activité de loisirs.
Le terrain physique reste identique, mais la tranquillité change.
Les animaux peuvent alors déplacer leurs itinéraires vers une autre pente ou un vallon voisin.
Comme pour les points de franchissement, l’abandon d’une coulée ne signifie pas forcément disparition du gibier.
Il peut simplement avoir trouvé une meilleure solution.
Les remises sont souvent associées à des reliefs protecteurs
Une zone de repos intéressante ne dépend pas uniquement de la densité de végétation.
Le relief peut renforcer considérablement son sentiment de protection.
Une parcelle boisée située sous une rupture de pente peut être beaucoup plus tranquille qu’une végétation similaire au sommet d’une crête.
L’animal bénéficie alors à la fois :
- du couvert végétal ;
- du masque du relief.
Ces combinaisons sont particulièrement intéressantes lors de la lecture d’un territoire.
L’exposition au soleil peut également différencier deux versants
Deux pentes opposées ne reçoivent pas la lumière de la même manière.
La température et l’humidité peuvent donc varier.
Ces différences influencent :
- végétation ;
- confort thermique ;
- disponibilité de certaines ressources.
Selon la saison, le gibier peut favoriser un versant plutôt qu’un autre.
Un secteur intéressant en hiver peut être beaucoup moins utilisé pendant une période chaude.
Les fortes chaleurs renforcent l’intérêt de certaines zones basses et ombragées
En été, un vallon boisé ou une pente moins exposée peut conserver davantage de fraîcheur.
L’animal peut y trouver des conditions plus confortables pendant une partie de la journée.
Cela ne signifie pas que tous les animaux descendent systématiquement au fond des vallées lorsqu’il fait chaud.
Mais température, couvert et tranquillité peuvent s’additionner pour rendre certains secteurs plus attractifs.
En hiver, la logique peut parfois s’inverser
Une pente bénéficiant davantage du soleil peut offrir des conditions plus favorables.
La neige ou le gel peuvent également évoluer différemment selon l’exposition.
Encore une fois, la même forme de terrain peut changer de valeur selon la période.
C’est pourquoi un passage ne doit jamais être considéré comme bon « toute l’année » sans observation.
La pluie révèle parfois les itinéraires cachés
Après une période humide, les petites dépressions et fonds de vallon peuvent conserver davantage de traces.
Le sol devient un excellent support de lecture.
Des coulées presque invisibles en été apparaissent soudainement grâce :
- aux empreintes ;
- à la boue déplacée ;
- aux feuilles retournées.
C’est souvent l’occasion de découvrir qu’un secteur apparemment peu fréquenté constitue en réalité un axe régulier.
Les feuilles mortes révèlent également les déplacements
En forêt, une coulée située sur une pente peut présenter un sol légèrement différent.
Les feuilles sont déplacées.
La terre apparaît localement.
Sur une trajectoire utilisée régulièrement, cette différence devient visible.
Il faut toutefois distinguer un passage animal d’un simple effet de ruissellement.
L’observation des empreintes et de la continuité du trajet permet d’éviter de mauvaises interprétations.
L’eau suit le relief, et parfois le gibier aussi
Les talwegs et vallons concentrent naturellement l’écoulement.
Ils peuvent donc présenter :
- humidité ;
- petites sources ;
- végétation spécifique.
Ces éléments peuvent apporter des ressources supplémentaires.
Mais ils peuvent également rendre certaines portions difficiles à parcourir.
Le gibier peut alors suivre le vallon tout en restant légèrement au-dessus du fond humide.
C’est un excellent exemple de la manière dont une coulée peut suivre le relief sans se situer exactement à son point le plus bas.
Les animaux peuvent préférer la rupture de pente au fond lui-même
Une rupture de pente offre parfois un compromis particulièrement intéressant.
L’animal reste masqué depuis une direction tout en évitant l’humidité ou les obstacles du fond.
On retrouve alors des coulées parallèles au vallon, quelques mètres au-dessus de celui-ci.
À première vue, elles semblent placées arbitrairement.
En réalité, leur hauteur correspond souvent à une combinaison optimale de facilité et de sécurité.
Les cols et passages bas concentrent les traversées
Lorsqu’un animal doit franchir une ligne de relief, il peut rechercher une zone légèrement plus basse.
Un petit col ou une selle constitue alors l’équivalent topographique d’une ouverture dans une clôture.
Il réduit l’effort nécessaire pour passer d’un versant à l’autre.
Plusieurs itinéraires peuvent y converger.
C’est encore une fois le principe de l’entonnoir appliqué au relief.
Une selle peut être minuscule et pourtant très importante
Il n’est pas nécessaire d’être en montagne.
Entre deux petites buttes, une différence d’altitude relativement faible peut suffire.
Le gibier emprunte cette faiblesse du relief.
Sur le terrain, les indices peuvent montrer une concentration nette des déplacements.
Sur une carte détaillée, les courbes de niveau peuvent parfois aider à identifier ces zones avant même la reconnaissance.
La carte topographique devient alors beaucoup plus utile
Une photographie aérienne montre très bien :
- bois ;
- cultures ;
- haies.
Elle peut cependant masquer la forme réelle du terrain.
Une carte comportant des courbes de niveau permet de repérer : - vallons ;
- crêtes ;
- cols ;
- pentes.
Les deux outils sont complémentaires.
La photographie explique la couverture du sol.
La topographie explique sa géométrie.
Mais aucune ne remplace la visite du territoire.
Les cartes numériques peuvent exagérer la simplicité du terrain
Lorsque l’on regarde un écran, tout paraît propre.
Une ligne relie deux secteurs.
Le relief semble progressif.
Sur place, une petite cassure peut totalement modifier l’itinéraire.
C’est exactement pourquoi les meilleures observations apparaissent souvent lorsqu’on confronte :
carte + terrain + indices.
Aucun de ces trois éléments ne suffit complètement seul.
Pourquoi suivre visuellement une coulée au-delà de quelques mètres ?
Une empreinte isolée indique une présence.
Une trajectoire fournit beaucoup plus d’informations.
Essayez de comprendre comment la coulée réagit au relief.
Monte-t-elle directement ?
Suit-elle une ligne de niveau ?
Contourne-t-elle la butte ?
Disparaît-elle derrière une rupture ?
Ce comportement permet de comprendre la logique du déplacement plutôt que simplement constater le passage.
Les intersections de relief sont particulièrement révélatrices
Certaines zones réunissent :
- fond de vallon ;
- haie ;
- petite selle ;
- bordure forestière.
Lorsque plusieurs structures du paysage convergent, les déplacements peuvent se concentrer.
La raison est simple : plusieurs contraintes dirigent simultanément les animaux vers une zone relativement réduite.
Ces endroits peuvent devenir de véritables carrefours naturels.
Une belle coulée n’indique toutefois pas forcément le meilleur point d’observation
Il faut conserver une distinction importante.
Comprendre où passe le gibier ne signifie pas automatiquement qu’il faut multiplier les intrusions dans cette zone.
Certains itinéraires sont particulièrement intéressants précisément parce qu’ils restent tranquilles.
Les fréquenter constamment peut modifier ce que vous cherchiez à observer.
L’analyse du territoire doit donc rester aussi discrète que possible.
Le relief peut également cacher votre propre approche au gibier
Du point de vue de l’animal, le relief masque certains mouvements humains.
C’est pourquoi une activité humaine peut être tolérée dans une vallée voisine alors qu’une intrusion sur la même pente déclenche une réaction immédiate.
Ce qui compte n’est pas uniquement la distance.
C’est la possibilité pour l’animal de percevoir :
- mouvement ;
- bruit ;
- odeur.
Un relief intermédiaire peut modifier plusieurs de ces informations.
Les pièges photographiques peuvent confirmer un axe discret
Lorsqu’ils sont employés conformément à la réglementation applicable, ils peuvent permettre de vérifier si un passage identifié par les traces reste réellement utilisé.
Ils sont notamment intéressants sur les petites coulées cachées derrière une rupture de terrain.
Un endroit où l’on ne voit presque jamais d’animal peut présenter une activité régulière à des horaires complètement différents.
La stabilité de l’observation reste importante
Comme pour les autres passages, déplacer constamment un dispositif ou visiter quotidiennement la zone rend l’interprétation plus difficile.
Pour comprendre une tendance, il faut laisser le temps produire des données.
Les variations d’une seule journée n’ont pas nécessairement de signification.
La saison peut totalement réorganiser les déplacements
Un vallon très utilisé en été peut perdre une partie de son intérêt après la chute des feuilles.
Une contre-pente calme peut devenir fréquentée après le début d’une activité agricole ailleurs.
Une culture récoltée peut supprimer un écran visuel.
Le réseau de déplacement évolue donc en permanence.
La structure du relief reste stable, mais les éléments qui l’entourent changent.
Le relief constitue malgré tout l’une des structures les plus durables du territoire
Une culture change en quelques mois.
Une haie peut être taillée.
Un bois peut être coupé.
Mais une vallée ou une crête reste.
C’est pourquoi certains grands axes de déplacement peuvent rester logiques pendant très longtemps.
Le détail exact de la coulée se déplace parfois, mais la structure générale demeure.
Comprendre la topographie permet donc de dépasser l’observation ponctuelle.
Il faut apprendre à regarder le territoire depuis la hauteur du gibier
C’est probablement l’un des meilleurs exercices de lecture.
Lorsque vous observez une parcelle, demandez-vous :
que verrais-je si mes yeux étaient un mètre plus bas ?
Une petite butte devient soudain beaucoup plus importante.
Un fossé devient un véritable écran.
Une prairie parfaitement ouverte depuis votre position peut devenir un réseau de zones masquées.
Cette simple modification de perspective explique énormément de comportements.
Le meilleur itinéraire n’est presque jamais défini par un seul facteur
Il faut éviter les recettes.
« Le gibier suit toujours les vallons. »
« Les chevreuils restent toujours sous les crêtes. »
« Les sangliers utilisent toujours le point le plus bas. »
Aucune de ces affirmations ne fonctionne universellement.
Le déplacement réel dépend simultanément :
- relief ;
- couvert ;
- ressources ;
- dérangement ;
- saison ;
- météo.
Le travail du chasseur consiste précisément à comprendre comment ces facteurs s’additionnent sur son territoire, plutôt qu’à appliquer une règle absolue.
Conclusion
Pourquoi le gibier utilise-t-il autant les contre-pentes, replis de terrain et fonds de vallon ?
Parce que le relief constitue bien plus qu’une simple contrainte physique.
Il peut offrir :
- protection visuelle ;
- économie d’énergie ;
- tranquillité ;
- accès discret entre plusieurs secteurs.
Une ligne de crête peut exposer un animal alors qu’un déplacement seulement quelques mètres plus bas le rend pratiquement invisible.
Une petite dépression peut transformer une prairie ouverte en véritable couloir.
Un fond de vallon peut relier deux massifs tout en limitant les lignes de vue.
Et une petite selle peut concentrer plusieurs itinéraires simplement parce qu’elle constitue le franchissement le moins coûteux d’une ligne de relief.
Cette lecture explique pourquoi certains déplacements semblent illogiques lorsqu’on les regarde depuis une carte.
Nous voyons principalement la distance.
Le gibier doit intégrer l’effort, la sécurité et le dérangement.
Le trajet le plus court n’est donc pas forcément le meilleur.
Le véritable enseignement est surtout de considérer le relief comme une forme de couvert à part entière.
Il faut regarder les bois et les haies, mais également les creux, cassures, vallons, contre-pentes et petites selles.
Puis confronter cette lecture aux indices réellement présents sur le terrain.
Une empreinte donne une position.
Une coulée donne un itinéraire.
Le relief permet souvent d’expliquer pourquoi cet itinéraire se trouve précisément là et pas cinquante mètres plus loin.
Et lorsqu’on commence à lire un territoire de cette manière, une prairie n’est plus simplement une prairie et une colline n’est plus seulement une pente.
Le paysage devient un ensemble de couloirs visibles pour celui qui sait les chercher, mais souvent suffisamment cachés pour permettre au gibier de continuer à circuler sans être vu.
FAQ
Pourquoi le gibier utilise-t-il les contre-pentes ? Elles peuvent masquer ses déplacements depuis l’autre versant et offrir davantage de tranquillité.
Le gibier évite-t-il systématiquement les crêtes ? Non. Il peut les franchir régulièrement, mais certains déplacements latéraux sont plus discrets légèrement sous la ligne de crête.
Pourquoi les animaux suivent-ils parfois une pente horizontalement ? Cela peut limiter l’effort tout en conservant la protection offerte par le relief.
Un petit creux dans une prairie peut-il vraiment cacher un chevreuil ? Oui. La hauteur réduite de l’animal rend certains microreliefs beaucoup plus efficaces qu’ils ne semblent l’être pour un humain debout.
Pourquoi les fonds de vallon attirent-ils le gibier ? Ils peuvent offrir couverture visuelle, végétation, tranquillité et continuité entre plusieurs secteurs.
Le point le plus bas d’un vallon est-il toujours le meilleur passage ? Non. Une coulée peut se situer légèrement au-dessus pour éviter l’humidité ou une végétation trop difficile.
Le gibier choisit-il toujours le chemin le plus court ? Non. Un itinéraire plus long peut demander moins d’effort ou offrir davantage de sécurité.
Pourquoi les petits cols concentrent-ils les passages ? Ils permettent parfois de franchir une ligne de relief avec moins de dénivelé.
La météo modifie-t-elle l’utilisation du relief ? Oui. Température, pluie, vent et mouvements d’air peuvent changer l’intérêt de certains versants.
La saison influence-t-elle les contre-pentes utilisées ? Oui. Végétation, exposition au soleil, cultures et dérangement évoluent au cours de l’année.
Pourquoi deux versants proches peuvent-ils être fréquentés très différemment ? Ils peuvent présenter des différences de tranquillité, température, végétation ou activité humaine.
Une zone ouverte peut-elle contenir une coulée discrète ? Oui. Un petit repli de terrain peut masquer suffisamment les animaux pour devenir un véritable axe.
Les cartes permettent-elles de trouver ces passages ? Les courbes de niveau permettent d’identifier certaines structures, mais la reconnaissance terrain reste indispensable.
Pourquoi faut-il regarder une coulée au-delà des premières empreintes ? Sa direction et sa relation avec le relief permettent de comprendre la logique du déplacement.
Les animaux utilisent-ils toujours les mêmes reliefs ? Pas nécessairement. Les itinéraires peuvent évoluer selon les ressources, le dérangement et les saisons.
Le relief peut-il remplacer le couvert végétal ? Il peut fournir une excellente protection visuelle même dans un secteur présentant peu de végétation.
Pourquoi éviter de visiter constamment une coulée ? Des intrusions répétées peuvent modifier la tranquillité qui rend justement cet itinéraire attractif.
Quelle est la meilleure façon de comprendre le relief du point de vue du gibier ? Observer les lignes de vue depuis une hauteur plus proche de celle de l’animal et confronter cette lecture aux indices frais.
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